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_Tout à l'heure, Pierra & moi nous sommes incrustées dans une conversation entre les garçons et il Signor' Oreste Sacchelli. On est restées du coup. On a parlé de cette année passée, de ce que l'on en avait pensé, quelles étaient les choses qui nous avaient le plus plues, les choses que l'on regrette, les choses qui nous ont déçues, etc. Ca m'a fait un petit pincement au coeur de me dire qu'elle était déjà finie, cette première année de fac', d'autonomie et d'italien non-stop. Je n'sais pas pourquoi. Après tout j'ai ressenti quelques ras-le-bol cette année, mais bon, comme à chaque année de quelconque cursus scolaire. Mais là je me dis qu'il y a des personnes de la classe qui vont peut-être redoubler, d'autres qui vont carrément arrêter. Je sais très bien que Magalie, Léo', Nicolas et je ne sais qui encore va me manquer. Ca va faire un vide, ca sera différent. Il va falloir se serrer les coudes vu le programme de fou qui nous attend les semestres prochains. J'suis contente d'un côté parce qu'on ne sera plus les 'petits première année' souvent regardés de haut. Non, on sera en deuxième année, et c'est déjà completement différent. Je ne m'en fais pas trop. Même si on va se farcir 10 livres format pavé à lire, même s'il va falloir comprendre et s'habituer à la langue des siècles passés. Après tout j'sais pas pourquoi mais j'la sens bien cette deuxième année. J'ai envie de renouveau, de mettre toutes les chances de mon côté pour la réussir. Mais ça c'est une autre histoire. On revient à ce que je voulais dire au départ. Ce que j'ai pensé de mon année. Selon moi, on n'entre pas dans un cursus de licence d'italien pour passer le temps et parce que par exemple on y avait des bonnes notes au collège ou au lycée. C'est bien plus que ça. Les raisons sont ailleurs. Je sais à présent, et certes c'est triste à se l'avouer, que je ne suis faite que pour ça. Je n'ai pas de 'passion' particulière si ce n'est cette langue et ce pays-là. Et puis, j'aime beaucoup la littérature. Le choix semblait tout tracé. Même si les parents et autres proches n'étaient pas du même avis : la fac' de lettres est une usine à chômeurs, tu n'auras jamais de métier en étudiant l'italien, et toutes ces autres médisances que j'ai pu entendre ça et là. Mais j'ai su dépasser tout ça. Je savais que moi j'étais faite pour ça. Et j'avais vraiment envie de faire ce que j'aimais, de le faire bien. J'avais envie de prouver à toutes ces personnes-là que j'allais réussir à faire le seul et unique projet de ma vie. Je voulais qu'ils disent plus tard qu'ils sont fiers de moi. Même si non je ne suis pas allée dans quelque chose de plus 'classe', de plus scientifique peut-être. Parce que non, moi je ne suis pas comme ça et je n'ai pas honte de le dire. J'ai le mérite d'enfin faire ce que j'aime le plus au monde, j'ai le mérite de suivre ma passion, mes projets et mes rêves. Et puis on a pas mal travaillé cette année malgré ce que les mauvaises langues disent. On avait des commentaires, des exos, des rédacs à rendre, et on ne se tournait pas les pouces à longueur de temps. A vrai dire, je ne garderai de cette année que les bons souvenirs. Les cours que j'ai préféré (version & thème, langue orale & écrite, littérature contemporaine), les profs que j'ai préféré (De Poliii, Mancini, Sacchelli, Monteil), les personnes adorables dans la classe (Elie, Marielle, Pierra, Jl, Pierre, Magalie, Jenifer, Lila, Nico, Anthony, Leo, Tatiana, Séb' ...), le séjour au festival de Villerupt ... Tout cela reste gravé. Je finis les examens demain. J'ai un peu peur des résultats car j'ai parfois fait quelques fautes stupides, j'ai eu quelques trous de mémoire, mais avec un peu de chance normalement je la décrocherai, cette première année.
* .. Apri gli occhi e inizia a sognare .. *